24 janvier 2017
Anne-Élisabeth Bossé, rédactrice en chef invitée du journal Métro
Par: Deux Rives

Anne-Élisabeth Bossé, qu’on peut voir, entre autres, dans Les pays d’en haut à ICI Radio-Canada Télé et dans Les Appendices, a été la rédactrice en chef invitée du journal Métro à Montréal, une publication soeur du journal Les 2 Rives. Elle était de passage dans les bureaux, situés au centre-ville de Montréal lundi soir, pour commenter l’actualité publiée dans l’édition de mardi.

J’ai peur de conduire en ville. J’ai même un peu peur de me promener à vélo. Je ne suis pas une peureuse maladive. C’est plutôt dû au fait que la cohabitation cyclistes-automobilistes ne me semble pas au point. On entend souvent les uns se plaindre des autres, et vice-versa. Selon moi, derrière cette colère se cache la peur. La peur existe quand il y a un manque de sécurité. Je crois que c’est ce dont il est question ici aussi, et que c’est le rôle de la Ville de renforcer cette sécurité et de favoriser le vivre-ensemble.

Qu’en est-il de l’altruisme en 2017? C’est la piste de réflexion que j’ai proposée au journal.Je cherche à comprendre par quels chemins se propage la bonté. Je parle de la véritable bonté, celle qui s’exprime dans l’ombre, qui se fait sans attente, pour la beauté du geste. Certains disent que les câlins servent à limiter la propagation de la douleur. Qu’ils réduisent son côté gangrène. Olivier, tu es un genre d’anti-inflammatoire du cœur. Savoir que quelqu’un, quelque part, à un frigo plein pour ceux qui en ont besoin, non seulement ça me réconcilie avec l’humanité, mais ça m’incite à passer à l’action. Pascale, tu me confirmes que l’homme est bon. Puissent vos gestes inspirer les lecteurs.Longue vie aux gentils.

Je n’ai pas envie d’être nuancée, ni de prendre les choses avec philosophie. Je laisserai parler mon cœur, si vous le permettez. Quel affront. Quelle indécence. Quelle dangereuse et obscure bêtise. Des milliers de femmes (accompagnées de milliers d’hommes), réunies par leurs principes et j’irai jusqu’à dire par leur instinct de survie, tentent de passer un message, et voilà comment est accueilli leur cri. Trump, tu es le Peter Griffin de la Maison-Blanche. Honte à toi.

J’ai tellement tué de zombies à une certaine époque de ma vie que j’ai cessé de les compter. Revenons en 2009. En plein cœur de Kijuju, petit village africain, j’ai dû affronter une population infectée par le parasite Uroboros. Grâce à mon partenaire Chris Redfield, j’ai sauvé l’humanité de justesse grâce à mon sang-froid, mon visou et ma manette de PlayStation 3. Voyez-vous, je fus une grande fan de Resident Evil 5, en coop. Par contre, côté cinéma, je dois admettre que je suis puriste et très chiante. Je ne jure que par Sam Raimi, Romero et Danny Boyle. Et toi, Paul W.S. Anderson, comment as-tu abordé le zombie? Qu’en est-il de sa rapidité de déplacement? Sache que j’aime mon zombie lent, le regard absent, et que sa force réside principalement dans son nombre. J’attends ta réponse, Paul.

J’aime beaucoup cet entretien. Il est primordial de dénoncer les doubles standards, et j’aime quand on le fait de manière limpide et nuancée. Cette façon qu’on a de diviser les sexes me désespère, et rien ne m’horripile plus que de lire une phrase comme: «Elle joue comme un gars.» C’est le type de commentaire qu’on adresse aux femmes qui ont de la fougue, du talent et de la détermination. Dans mon milieu, on attribue parfois la répartie et l’humour aux hommes et c’est désolant. On m’a déjà demandé sur un plateau si je trouvais ça dommage de ne pas être sexy, étant donné que j’étais drôle. Comment faire cohabiter les multiples facettes d’une personnalité sans réduire les gens à un simple cliché, tant chez les hommes que chez les femmes? Lire les propos de Séverine Tamborero est un
pas dans la bonne direction.

Lire aussi la chronique d’Anne-Élisabeth Bossé intitulée Temps modernes

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