6 juillet 2021
À suivre de près
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Il y a 40 ans que la région conjugue économie et environnement. Elle l’a appris à la dure.

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Ses entreprises ont dû investir des millions pour assainir leurs eaux usées et les émanations de leurs cheminées ou aménager leurs quais, se conformant ainsi aux nécessaires lois canadienne et québécoise sur la protection de l’environnement. Une usine, Tioxide, qui s’y était refusée, a même fermé ses portes après avoir payé une amende de 4 M$.

Pas étonnant dans ces conditions que le fédéral impose la même médecine à l’Administration portuaire de Montréal (APM) désireuse d’agrandir ses installations de Contrecœur. On ne parle pas là de fumée ou d’eaux usées, mais d’entrave possible à la vie du chevalier cuivré, une espèce de poisson unique au monde, en voie de disparition.

Ce n’est pas la première fois que la région est confrontée à cette opération de sauvegarde. Dès le début des années quatre-vingts, la Ville de Sorel avait dû aménager une rampe de mise à l’eau beaucoup plus coûteuse que prévu afin qu’elle n’affecte pas les allers-retours du poisson de la Richelieu vers le fleuve. Puis la Société des parcs avait dû retarder le dragage à ses quais afin de ne pas affecter sa période de fraie. Tout comme Fer et Titane avait dû recréer une zone d’herbiers quand elle a réaménagé son quai et ne draguer ses fonds qu’hors des périodes de fraie du poisson. Tout cela pour mieux protéger cette chaîne de vie dont les humains sont un des maillons et qui sont en mesure de réfléchir aux impacts qu’ils occasionnent à leur environnement quand ils le transforment.

Dans le cas de Contrecœur, certains biologistes doutent de l’efficacité des mesures de protection du chevalier cuivré envisagées par l’APM pour protéger un habitat du chevalier cuivré affecté par les travaux d’agrandissement du port. Cet impact serait minime, insiste le promoteur, et surtout largement diminué par l’aménagement d’un habitat naturel de deux hectares qui compenserait la destruction de 0,9 hectare de son habitat actuel.

Alors que le gouvernement fédéral a publié le 26 mai dernier dans la Gazette du Canada un arrêté ministériel interdisant désormais toute destruction de l’habitat naturel du chevalier cuivré, cette mesure sera-t-elle suffisante pour assurer l’expansion du port à Contrecœur?

Chose certaine, l’APM devra déposer une preuve béton que sa proposition est valable, répondant à toutes les critiques des amants de la nature soucieux de sa protection à tout prix. On peut espérer qu’à l’instar des épidémiologistes face à la COVID, elle saura contrebalancer les propos évoqués en se fondant sur des évaluations scientifiques assez solides pour recevoir le feu vert pour son projet. Car il est fort attendu des intervenants régionaux qui voient là une relance économique certaine de l’Est de la Montérégie, dont nous sommes partie prenante. Et surtout une façon de contribuer mieux à l’économie québécoise. À suivre de près!

Pas encore compris…

…la décision de la Ville de Sorel-Tracy de ne pas souligner, comme à l’accoutumée, la fête nationale à l’instar des municipalités de Saint-Joseph-de-Sorel, Saint-David, Saint-Ours, Contrecœur, Saint-Roch-de-Richelieu ainsi que plusieurs autres villes du Québec.

Pourtant toutes étaient soumises aux mêmes consignes sanitaires – raison évoquée laconiquement dans un communiqué pour dire qu’il n’y aurait pas de fête 2021 à Sorel-Tracy.

Ainsi des municipalités ont su réinventer avec succès cette fête traditionnelle avec feux d’artifices en haute altitude, spectacles en défilé ambulant, illumination aux couleurs du drapeau québécois, etc.

La décision soreloise est d’autant décevante que la même semaine, elle lançait une programmation d’été aux multiples activités! Où est l’erreur?

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