19 novembre 2019
À mi-mandat
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

En traçant son bilan de mi-mandat, le maire Serge Péloquin parle de la concrétisation à court terme de trois projets auxquels son équipe a longuement travaillé : la zone industrialo-portuaire (sur les terrains de l’ex-centrale thermique), l’aménagement du Centre des arts contemporains du Québec (sur le quai Richelieu) et la construction d’un complexe aquatique et sportif. C’est à suivre.

Il rappelle la complétion du Marché des arts Desjardins, l’ouverture de Statera, la réfection d’infrastructures, l’amélioration de parcs et espaces sportifs. C’est vrai : Sorel-Tracy se fait plus invitante que jamais, plus propre, plus adéquate.

Mais les relations qu’elle entretient avec ses employés et ses partenaires sont-elles aussi solides qu’avant? Des employés cadres ont quitté. Son retrait du financement du Plan de développement de la zone agricole et du développement culturel à la MRC de Pierre-De Saurel, plus spécifiquement la façon dont il a été fait, a assombri l’image que M. Péloquin avait donnée d’un maire fort attentif aux autres (aide aux marins du Phoenix Sun), revendicateur au besoin (établissements et services locaux de santé, transport du pétrole) ou support de dossiers économiques comme Statera et l’implantation de la Fromagerie Bel pour laquelle l’homme d’affaires Alain Chalifoux ne tarit d’éloges.

L’homme est visiblement fier de ce qu’il fait. Il manie le verbe aisément. Il fait honneur à ses concitoyens lorsqu’interpellé par la presse nationale. Son discours est ajusté. Ses arguments portent. Mais visiblement, il supporte mal l’opposition à ses vues et visées. Il n’oublie guère les zizanies qu’il initie ou subit. Avec lui, qui s’y frotte s’y pique!

Lui reste à inspirer la confiance de ceux dont la Ville a besoin pour grandir. Une confiance qui viendra du respect de la parole donnée et de ses engagements.

Mais le succès d’une ville-centre repose aussi sur sa prospérité, ses politiques de développement économique, son dynamisme culturel, son urbanisme, son image de marque, le renforcement de ses atouts, sa qualité de vie. Sorel-Tracy y travaille certes. Il serait intéressant que son maire partage les objectifs ambitieux qu’il caresse pour elle.

En marche

Plus de 600 hommes ont fréquenté en 2018 des groupes communautaires sorelois alors qu’ils traversaient probablement un moment difficile de leur vie affective.

Tous ont osé transgresser les comportements prescrits par une éducation incomplète qui les avait coupés de leurs émotions. Ils ont cherché et probablement commencé à apprivoiser la façon de les nommer et de savoir quoi faire avec. Ces émotions – colère, détresse, insatisfaction, mal de vivre, etc. – qui peuvent engendrer des gestes violents posés à leur endroit et/ou celui des autres.

Voilà qui permet d’espérer que ces hommes, en appelant à l’aide, ont certes vu qu’ils ne sont pas les seuls à affronter les mêmes démons. Qu’ils ont nourri ce désir d’une meilleure connaissance de soi, cette volonté de prendre en main une vie qui semble leur échapper, d’apprendre à identifier et composer tant avec leurs limites que leurs manques, leurs forces que leurs faiblesses. Des organismes sont là, dans la région pour les accompagner.

Ainsi ces hommes s’humaniseront vraiment. Ce qui ne peut que réjouir tous ceux qui espèrent des relations hommes – femmes égalitaires, des relations humaines plus ouvertes aux autres. Une vie en société plus humanisée et solidaire où pouvoir se dire sans crainte d’être jugé, où pouvoir se vivre sans honte, au grand jour, fidèle à soi-même. Voilà le monde dont bien des féministes de la première heure, dont je suis, rêvent depuis si longtemps!

Mais cette route n’est pas sans embûche. Donc pas de tout repos. Comme elle est sans fin, mais parsemée de moments de sérénité, de découvertes réjouissantes, surprenantes et rassurantes. Quelle route!

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