13 décembre 2019
2019 : une année à oublier pour les producteurs agricoles
Par: Sébastien Lacroix
2019 n’a pas été une bonne année pour les agriculteurs et leurs terres.
Photothèque | Les 2 Rives ©

2019 n’a pas été une bonne année pour les agriculteurs et leurs terres. Photothèque | Les 2 Rives ©

L’année 2019 aura été marquée par de nombreuses perturbations dans le monde agricole autant au niveau national, régional que local. Une année qui aura été très difficile pour les producteurs qui feront face à de nombreux enjeux qui devront se régler en 2020.

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C’est le constat qu’a fait valoir le président de l’UPA de Richelieu-Yamaska, Sylvain Joyal, lorsqu’il a été invité par Les 2 Rives à dresser le bilan de la dernière année en agriculture dans la région. Une année qui a été catastrophique pour les producteurs de grains. Ce qui pourrait avoir des impacts sur le coût des intrants des éleveurs d’animaux.

« C’est une année difficile dans l’ensemble pour la région, tranche-t-il. Difficile à partir des semis qui ont été très très tardifs et dans de mauvaises conditions. On a eu un été qui n’a pas été terrible et un automne d’enfer. En plus du manque de propane qui a été la cerise sur le sundae. »

Même si la grève du CN a été réglée, la pénurie aura eu énormément d’impacts pour les producteurs de grains qui n’ont pas pu faire sécher leur récolte dans une période névralgique. Si bien que ce n’est qu’au cours des prochaines semaines et des prochains mois qu’on pourra vraiment en mesurer tout l’impact.

« Il y a eu une grosse perte que les producteurs ont assumée en attendant de savoir s’il y aura de l’aide gouvernementale pour éponger une partie des pertes. Un règlement là-dessus n’ira possiblement pas avant 2020, soutient Sylvain Joyal. S’ils peuvent finir leurs récoltes, c’est ce qu’il y a de plus important. Après, un constat sera fait par la Financière agricole et on pourra plus facilement conclure à ce dont ils ont besoin comme aide. »

« Il y a même des producteurs qui auront besoin d’aide psychologique. Il y en a plusieurs qui sont découragés. Parce que même avec de l’aide, j’anticipe qu’il y en a beaucoup qui vont sortir avec une année négative. […] Il y en a beaucoup qui ne pourront pas effectuer leurs paiements, continue le président de l’UPA Richelieu-Yamaska. C’est le genre de chose qui ne peut pas arriver deux années de suite. »

Le président de l’UPA Richelieu-Yamaska estime qu’il y aura des leçons à tirer de cette crise du propane pour assurer l’approvisionnement. « Les autres façons de faire ne sont pas assez avancées technologiquement. Le moyen le plus facile serait d’augmenter les réserves. Est-ce qu’ils vont le faire? Ce sont les compagnies de propane qui ont ça en main », soutient-il.

« Il pourrait aussi y avoir des règlements pour ne pas avoir le droit de faire la grève durant l’automne quand c’est la pointe de l’utilisation du propane, ajoute Sylvain Joyal. Ça coûterait pas mal moins cher que les autres solutions. Parce qu’il ne faut pas se cacher que c’était stratégique de la part des parties. Ils savaient que ça prenait beaucoup de propane à ce temps de l’année. »

De nombreux enjeux à surveiller pour 2020

Plusieurs dossiers qui ont eu de l’impact seront à surveiller au cours de la prochaine année, dont celui de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) qui est intervenu en novembre 2018 et qui aura des répercussions pour les 280 producteurs laitiers de la MRC de Pierre-De Saurel, en créant une brèche dans la gestion de l’offre.

Juste avant le début des élections, les libéraux ont promis des compensations d’environ 28 000 $ pour la ferme moyenne pour compenser les pertes de revenus engendrés par les accords commerciaux avec l’Europe et l’Asie. Le premier versement devait se faire juste avant Noël, selon ce qu’a annoncé la ministre Marie-Claude Bibeau.

Il n’y a toujours rien d’annoncé pour l’ACEUM. « Même si on n’est pas satisfait de la négociation, j’espère au moins que la compensation aux producteurs sera rentrée pour 2020, souhaite le président de l’UPA Richelieu-Yamaska, Sylvain Joyal. Parce qu’il y a beaucoup de producteurs dans le coin qui attendent ça. »

Les producteurs ont aussi eu à composer avec une forte hausse de leur compte de taxes. Des discussions se poursuivent à ce sujet avec le gouvernement du Québec pour améliorer le programme de remboursement. « On est allé chercher une petite partie de ce qu’on voulait ramener. Au moins, l’hémorragie est arrêtée dans ce programme-là », fait valoir Sylvain Joyal, qui est aussi un producteur de Yamaska.

La mésentente sur le Plan de développement de la zone agricole (PDZA) à la MRC de Pierre-De Saurel n’est pas non plus venue aider le monde agricole de la région, rappelle M. Joyal. « On ne sait pas trop ce qui se passe avec ça, souligne-t-il. Est-ce qu’ils engagent quelqu’un à temps partiel? Est-ce qu’ils vont faire affaire avec une firme externe? Est-ce qu’on laisse tomber? On est dans le néant. »

Sur la scène locale, il y a également le dossier de la baie Lavallière qui cause des inondations sur des terres agricoles sur lequel un juge de la Cour supérieure a recommandé une entente à l’amiable, cet automne. « Ce serait très surprenant que ça débloque en 2020 », croit le président de l’UPA Richelieu-Yamaska.

« Les principes de chaque partie sont différents. Les avocats de M. Dutil vont chercher une entente qui va servir aux producteurs agricoles en général. Tandis que l’autre partie va essayer de régler ça plus à l’interne et être sûre qu’il n’y ait pas d’autres recours par d’autres producteurs, explique-t-il. Je ne pense pas que c’est ce qu’on cherche du côté agricole. On est très solidaire et on aime bien qu’une cause qui se règle puisse servir aux autres. »

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