10 juillet 2018
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Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit un éditorial hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Le Parc éolien Pierre de Saurel a généré des revenus de plus de 2,2 M$ dès sa première année d’opération. Argent remis à sa seule actionnaire, la MRC de Pierre-de Saurel (1 759 866$) et aux municipalités et propriétaires terriens où sont érigées les éoliennes (494 000$). Vraiment pas mal pour un premier exercice!

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Ces montants confirment aujourd’hui la pertinence de cette implantation, mais aussi la justesse des analyses du potentiel des vents et de prévision des revenus, faites par divers experts-conseils dont les opposants irréductibles au projet ont si souvent douté et ri.

Ainsi peut-on penser que les maires ont eu raison d’aller de l’avant. Ces retombées financières permettront de réaliser divers projets régionaux et municipaux, et ce, sans augmenter les taxes. Ce qu’ils souhaitaient par-dessus tout, quand, au début des années 2010, les élus s’étaient mis à la recherche avide d’une nouvelle source de revenus pour minimiser l’effort fiscal de leurs administrés, tout en permettant des avancées.

Malgré l’opposition tenace et acharnée d’un petit groupe de citoyens à dénoncer ce projet qu’ils disaient voué à l’échec, les maires les ont patiemment écoutés, passant outre aux insultes et insinuations de malhonnêteté, d’insouciance et d’incompétence que les détracteurs du parc leur adressaient ainsi qu’aux experts retenus pour sa préparation et sa réalisation.

Ils sont quand même allés de l’avant avec ce qui s’avère, pour le moment, un choix judicieux. Et tous ceux qui se sont représentés ont gagné leur élection en novembre dernier.

Évidemment, il est encore trop tôt pour le conclure expressément. Une année d’opération, c’est bien court dans la vie d’un parc éolien conçu pour durer 20 ans.

Et c’est à la diffusion constante de résultats d’études à mener, comme promis par les élus et les administrateurs du parc, à plus d’une reprise, lors de la campagne vantant le projet, que l’on saura vraiment à quoi s’en tenir – économiquement, socialement, environnementalement, en santé publique.

Ils devront pour cela recueillir, analyser et rendre publiques toutes les données sur l’opération du parc éolien : le suivi du climat, le bilan des impacts sur la faune aviaire et les chauves-souris – les opposants parlaient des « moulins à viande » que sont des éoliennes!

Ils devront aussi effectuer l’an prochain ce qu’ils ont nommé « le suivi du paysage », cette enquête sur la vision qu’en ont maintenant les contribuables.

Comme il faut qu’ils informent de l’ensemble des plaintes reçues à la suite de la mise en opération du parc et les réponses apportées pour répondre à ces doléances.

Notamment en matière de santé et de qualité de vie compromise, des « possibles » que les opposants énonçaient souvent.

Enfin, il faudra qu’ils commandent le suivi de la valeur foncière des propriétés attenantes du parc dont les citoyens craignaient qu’elle soit affectée par sa présence.

Ce n’est donc que d’ici à quelques années que l’on pourra vraiment applaudir ou dénoncer le bilan de ce parc qui a demandé tellement de temps (5 ans), d’argent (71,2 M$) et d’énergie à ceux qui l’ont mis de l’avant. Comme à ses détracteurs probablement tout aussi sincères dans leurs démarches.

Mais il faut tout de même admettre, sans crainte de se tromper, qu’en juillet 2018, ce parc atteint ses objectifs : la région est la première à avoir osé capter l’énergie du vent, créateur de richesse, et ce, malgré les 71,2 M$ déboursés pour l’implanter, dont 15,5 M$ par la MRC.

Pour paraphraser le merveilleux monde du baseball, on peut certes affirmer que la MRC mène 1 à 0 contre ses détracteurs, à la fin de la première manche d’une partie qui durera 20 ans!

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