Sections

Vive le printemps, vive les séries!

Publié le 11 avril 2017

Alexander Radulov et Max Pacioretty

©THE CANADIAN PRESS/Graham Hughes

Après une année d’absence, on revient dans le tournoi printanier avec la promesse de voir la Sainte-Flanelle gagner une précieuse 25e Coupe Stanley.

Comme à toutes les années, comme le répètent les commentateurs sportifs, quand tu es en séries, tout peut arriver.

Pour une première fois depuis quelques années, le CH a assuré sa qualification bien avant que la saison se termine. Profitant peut-être un peu d’évoluer dans une division assez faible, l’équipe de Claude Julien a réussi à ramasser 103 points à la conclusion de la saison régulière.

Cette qualification hâtive a permis à certains joueurs-clés de se reposer. Blessés à la fin de la saison, les défenseurs Shea Weber et Jordy Benn ont profité de quelques matchs de repos pour se remettre en forme. Andrei Markov a aussi pu se reposer à la fin de l’année, à l’instar de Max Pacioretty, Alexander Radulov et Tomas Plekanec.

Claude Julien est un entraîneur d’expérience et a du vécu en séries. Dès ses premiers pas avec le CH, rappelons que l’ancien coach des Bruins avait conduit le Canadien à un retour en force après avoir tiré de l’arrière 1-3 dans une série 4 de 7 face à Boston, l’équipe qu’il a menée quelques années plus tard à la conquête de la Coupe. En 2011, les Bruins n’étaient pas l’équipe la plus talentueuse, mais assurément la plus travaillante et la plus solide en défensive. C’est comme ça que Claude aime ses équipes. Sans bénéficier d’un jeu de puissance très efficace, ni d’un marqueur qui a transcendé, les Bruins de Julien étaient venus à bout de quelques équipes qui ont été poussées à la limite de leurs forces. Cette année-là, les Bruins ont gagné parce qu’ils ont fatigué leurs adversaires et sont arrivés au bout du chemin avec moins d’éclopés que leurs adversaires. Même s’ils ont tout donné, ils avaient encore de l’essence dans le réservoir quand est venu le temps de jouer la 7e partie contre les Canucks.

Les Canadiens que dirige Julien sont différents, mais la philosophie de base semble être la même : de la profondeur, de bons gars d’équipe solides physiquement et de l’expérience. Oui, le Canadien commence à avoir une solide expérience des séries. Des joueurs comme Weber, Markov, Pacioretty, Plekanec et Carey Price ont du vécu en séries. Et ça comptera quand viendront les matchs sans lendemain.

Le Canadien a été électrisé cette année par quelques jeunes peu expérimentés en séries, mais très efficaces lorsque l’équipe a eu besoin de leurs services. Il sera intéressant de voir comment Phillip Danault, Artturi Lekhonen et Paul Byron se débrouilleront durant le premier 4 de 7 contre les Rangers.

Le CH possède une force indéniable contre New York au moment d’entreprendre la série; il a la confiance et le meilleur gardien, qui par surcroit, a une dent contre les Rangers. Price a la mémoire longue. Tous croient qu’en 2014, le Canadien avait la chance d’aller bagarrer pour une 25e Coupe avant que Chris Kreider mette fin à ce rêve en glissant volontairement, patins devant, sur le gardien élite du CH, dans celui qui représente l’âme de l’équipe.

Les planètes sont alignées pour voir le CH venger l’année 2014. Mais attention, les Rangers ont représenté pour les deux tiers de la dernière saison l’équipe la plus offensive de toute la Conférence de l’Est. À mi-saison, l’offensive des Rangers était plus productive que celle des Penguins et se comparait à celle des puissants Capitals de Washington. L’attaque des Rangers est répartie sur les quatre trios et si on croit que Claude Julien est un stratège en séries, n’allez pas sous-estimer le vieux renard qu’est Alain Vigneault. Il est allé deux fois en finale et c’est un entraîneur qui sait comment tirer les bonnes ficelles pou faire marcher son équipe.

Les joueurs-clés du Canadien devront en partie transporter l’équipe sur leur dos. Trois noms seront à surveiller dans le camp du Tricolore : Alexander Radulov, qui prétend faire partie de l’élite de la Ligue, aura l’occasion de le prouver. Max Pacioretty, souvent malchanceux en séries avec les blessures, pourra montrer son grand talent et son étoffe. L’énigmatique Alex Galchenyuk aura l’occasion, même si on l’emploie à l’aile gauche, de démontrer qu’il est un joueur dont le Canadien ne peut se passer. À l’aile gauche ou au centre, les bons parviennent toujours à briller.  

Des joueurs comme John Tavares et Jamie Benn, employés autant à l’aile qu’au centre, ne se formalisent pas de leur position; ils vont sur la glace et expriment leur talent, en démontrant qu’ils peuvent aider leur équipe à l’une des deux positions.

Même si je crois fermement que le Russe aidera davantage le Tricolore au centre, si on lui demande de patrouiller l’aile gauche, il doit faire fi de ses intérêts personnels et jouer pour que le Canadien gagne.

Encore une fois, les amateurs du Québec pourront vibrer au diapason des séries. Ça fait seulement un an, mais ça nous a manqué. On a parfois l’impression de ne pas y être allé depuis dix ans! Le Canadien monopolisera l’attention tant qu’il sera en vie durant ces séries.

Ailleurs dans la LNH

Quelques affrontements revêtent un intérêt particulier. D’abord, les réseaux de télévision canadiens salivent à l’idée d’avoir les Maple Leafs, les Sénateurs, les Flames et les Oilers en première ronde. Non seulement au Québec, mais partout au pays, le fun va pogner! Et les dollars vont rentrer dans les coffres de la Ligue nationale et des réseaux de télé, qui ont tout misé sur l’importance que prennent les séries au Canada.

Dans l’est, les Blue Jackets et les Penguins s’entredétruiront. Même s’ils sont éclopés, je ne vois pas les Penguins plier bagage en première ronde. Désolé pour Tort et ses Blue Jackets.

Les Maple Leafs auraient pu goûter à la bagarre de l’Ontario face aux Sénateurs, mais ils se frotteront plutôt aux Capitals, champions de la saison régulière. La source d’apprentissage n’en sera que plus grande pour les jeunes joueurs.

Les Bruins et les Sénateurs devraient se livrer une grosse bagarre. Les Bruins de Bruce Cassidy ont une bonne offensive et ont Tukka Rask. Ça devrait être suffisant pour se débarrasser des Sens.

Dans l’ouest, quelques duels intéressants. Dominant jusqu’au début de mars, le Wild du Minnesota ne l’aura pas facile face aux Blues de St. Louis. À l’instar du CH, les Blues ont changé d’entraîneur aux deux tiers de la saison et depuis, avec les Blackhawks de Chicago, c'est l’équipe qui a remporté le plus de matchs.

Chicago est encore équipé pour veiller tard; il y a de l’expérience et une flamme qui les fait rebondir et ce n’est pas les Prédateurs qui changeront cela.

La présence des jeunes et sympathiques Oilers amène une touche particulière dans l’ouest; ils se frotteront aux expérimentés Sharks de San Jose et le gardien Martin Jones. En plus de leur expérience, les Sharks ont le meilleur gardien des deux. Cam Talbot a été efficace en saison, mais on l’a énormément utilisé, peut-être un peu trop.

De leur côté, les Ducks croiseront le fer avec les coriaces Flames de Calgary. Ils ne sont pas sortis du bois. Les Flames sont parfois capables du meilleur, mais aussi du pire. Ils ont des joueurs d’émotion, mais un gardien un peu imprévisible.

Quoi qu'il en soit, la beauté là-dedans c’est que toutes ces belles analyses peuvent s’effondrer comme un château de cartes dans deux semaines. C’est la beauté du sport et c’est pourquoi c’est si excitant. C’est comme ça qu’on aime le hockey!