Gestion de l’offre: Trudeau et Couillard ne doivent accepter aucun compromis

Publié le 20 avril 2017

Le député Sylvain Rochon a écrit une lettre ouverte au sujet de la gestion de l'offre.

©Photo: TC Média - Pascal Cournoyer

LETTRE OUVERTE. La production laitière, avec ses 72 entreprises sur le territoire de la MRC Pierre-De Saurel, constitue la deuxième production agricole en importance de la circonscription de Richelieu, juste après la culture céréalière et protéagineuse. À l’échelle du Québec, c’est la première production en importance avec des recettes de plus de 2,2 milliards de dollars. 83 000 emplois dépendent du secteur laitier au Québec. Pensons, chez nous, à ceux de la Laiterie Chalifoux, de la Fromagerie Polyethnique ou des Fromageries Latino.

La production laitière, c’est l’épine dorsale du secteur agroalimentaire québécois. Avec un bénéfice induit pour l’environnement qui mérite d’être signalé : la nécessité de cultiver des plantes fourragères pour alimenter les troupeaux, ce qui assure une couverture végétale aux champs toute l’année.

Menacer la production laitière, comme le fait le président américain Donald Trump, en attaquant la gestion de l’offre, c’est menacer le Québec. Parce que le système de gestion de l’offre a permis et permet encore le maintien de fermes laitières à dimensions humaines. Parce qu’il nous assure un produit de qualité. Et parce qu'il procure au secteur une stabilité que bien des nations nous envient.

Alors que des économistes évaluent le coût annuel de la gestion de l’offre à environ 300 $ par famille, la facture de ces familles serait de 1 000 $ là où ce système n’existe plus (en Europe, depuis l’an dernier, par exemple), conséquence des subventions compensatoires versées aux producteurs, en raison de la surproduction, de la chute des prix et de la crise qui a suivi son abolition.

L’ouverture de notre marché au lait « américain » amènerait, selon nos meilleurs agroéconomistes, la disparition, en très peu de temps, d’au moins la moitié de nos 5 800 entreprises laitières du Québec, résultat  des coûts de production moindres aux États-Unis avec leur main-d’œuvre à bon marché, leur climat plus favorable et leurs immenses fermes dont les fréquents surplus peuvent à eux seuls combler l’ensemble des besoins canadiens et québécois.

Les Américains veulent ravir des parts de marché à nos producteurs. La gestion de l’offre existe depuis plus longtemps que l’ALÉNA et elle n’a pas empêché sa ratification. Il n’y a motif à aucun compromis. Justin Trudeau et Philippe Couillard doivent le bien comprendre.

Les producteurs laitiers de Richelieu doivent me savoir à leurs côtés.

Sylvain Rochon. député de Richelieu