Gaz de schiste: L'air, de quoi aurait-il l'air ?

Chronique environnementale Vert l'avenir

Publié le 2 novembre 2016

De pas grand-chose, je suppose. Mine de rien, il s'afficherait l'air respirable, alors que l'entière communauté, les bébés et les enfants en particulier, en souffrirait.

Allons donc, nous avons déjà amplement de pollution à notre actif; 1500 personnes en meurent chaque année, uniquement à Montréal. Ces gens avaient-ils soupçonné les invisibles, fines particules nocives dans l'air? Et si une future maman s'abstient de fumer, elle respire quand même.

De précédentes études ont lié les activités de fracturation hydraulique à des malformations cardiaques congénitales et, possiblement, à des anomalies du système nerveux chez l'enfant à naître. Parmi les contaminants de l'air de l'industrie des GDS, on trouve les toluène, xylène et benzène, leur potentiel tératogène implique qu'au chaud de sa douce vie intra-utérine, le petit être en devenir pourrait subir un développement perturbé aboutissant à des malformations ou a des monstruosités. Naissances prématurées, poids plus faible des nouveau-nés, variété de symptômes cutanés et respiratoires seraient aussi le lot des GDS.

Un asthmatique a jusqu'à quatre fois plus de risques d'avoir une crise s'il vit près de puits d'extraction. Chez les infortunés Américains, dans six comtés du Lone Star State qui ont vu s'enfler le développement des GDS, le quart des enfants souffrent d’asthme: trois fois plus que dans le reste de la population texane. Ce n'est pas surprenant: en proportion de leur poids, les petits enfants respirent jusqu'à trois fois plus qu'un adulte, leur exposition aux polluants est donc beaucoup plus intense.

Advenant l'exploitation, il faudrait envisager un potentiel de santé réduit pour les enfants, envisager la beauté, la finesse de la transmission de la vie interceptées, modifiées par d'innommables toxicités. La vie embryonnaire nourrie par des particules toxiques: de quel droit?

Afin de réduire l'impact des poisons, on suggère, notamment, de réviser les distances séparatrices. Comme s'ils étaient pour rester au-dessus des puits, le méthane, 20 fois plus réactif que le CO2, le benzène, durement cancérogène, comme si vent et grands courants aériens n'allaient pas charrier dans l'air les polluants. Cent mètres ou 900, ce sera toujours insuffisant. On rêve d'habiter à des milliers de kilomètres.

Réduire? On rêve de s'abstenir, d'exclure tout risque. D'insuffler au futur un grand vent d'espoir direction énergies vertes.

Lise Perreault

L’auteure s'improvise, en 2010, militante contre les gaz de schiste à l'instar de nombreux citoyens qui partagent une vision verte de l'avenir.

©Photo: Gracieuseté