Nidal Joad reconnu coupable d’avoir harcelé une juge


Publié le 16 mai 2017

Nidal Joad.

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Le verdict de Nidal Joad, accusé de harcèlement et d’intimidation envers la juge de la Cour municipale Carole Lepage, est tombé le 16 mai. Il a été reconnu coupable aux deux chefs d’accusation auxquels il faisait face.

Les 12 jurés ont pris quelques heures de délibération afin de rendre leur verdict. Les représentations sur sentence ont eu lieu le 19 mai. Au moment de mettre sous presse, on ne connaissait pas la position des avocats.

Un procès de six jours

Le procès s’est déroulé du 8 au 15 mai. Afin de prouver la culpabilité de l’accusé, la procureure de la Couronne Marie-Claude Morin a déposé des télécopies et un message vocal en preuve, en plus de convoquer trois témoins. De son côté, l’avocat de l’accusé n’a pas présenté de preuve en défense.

Parmi les témoins, la juge et victime Carole Lepage s’est présentée à la Cour. Elle a dit s’être sentie menacée lorsque l’accusé lui a envoyé 17 télécopies à son travail.

« J’ai l’impression que M. Joad est fébrile. Il veut son jugement et il est prêt à tout. C’est trop pour moi. […] Pour moi, c’est clair. Il me menace. S’il fait quelque chose, il dit qu’il ne sera pas tenu responsable », a-t-elle témoigné.

« Il a fait ça pour faire peur »

Avant que le jury soit séquestré en vue des délibérations, Me Morin a plaidé que M. Joad n’avait pas de raison légitime pour contacter la juge si ce n’est que pour la harceler ou l’intimider. Il a continué à tenter de communiquer avec la victime plusieurs mois après le délai de 30 jours pour porter en appel, a-t-elle ajouté.

« Ce sont des allusions indirectes. Il a fait ça pour faire peur. C’est ce qui est insidieux avec l’intimidation et le harcèlement », a-t-elle argumenté.

« C’est moi la victime »

Même si l’avocat de la défense a mené les contre-interrogatoires durant tout le procès, Nidal Joad a tenu à présenter lui-même ses plaidoiries.

Il a notamment rejeté la faute sur Mme Lepage en affirmant qu’il était la victime dans cette histoire. Il a soutenu que les télécopies auraient pu être fabriquées de toute pièce.

Il a aussi maintenu que les télécopies évoquant sa condition en santé mentale servaient à sensibiliser la juge.

« Je crois que le doute raisonnable est présent partout dans la preuve. La Couronne n’a pas prouvé que les messages provenaient de Nidal Joad », a-t-il plaidé.

Rappel des événements

-       Carole Lepage déclare Nidal Joad, en novembre 2015, coupable d’une infraction de 200$ en lien avec l’immatriculation d’une remorque

-       Nidal Joad tente de contacter la juge à son bureau en décembre 2015 pour avoir le jugement écrit. Il veut contester son constat d’infraction. Il lui laisse aussi, en janvier 2016, un message sur sa boîte vocale pour lui souhaiter « ce qu’il y a de meilleur dans le monde ».

-       En mars 2016, il a envoyé à deux reprises cette missive à la juge : « À l’Honorable juge, j’ai été reconnu irresponsable deux fois à l’institut Pinel! Vous n’avez pas intérêt de me causer une psychose!!! Donc, signez le jugement et faites-le parvenir. C’est facile et vous n’avez pas intérêt à refuser. »

-       Entre le 15 décembre 2015 et le 26 avril 2016, Nidal Joad envoie 17 télécopies à la juge.

-       Le 4 avril 2016, Carole Lepage porte plainte.

-       Nidal Joad est arrêté en juin 2016.

-       Nidal Joad est reconnu coupable le 16 mai 2017 au terme d’un procès de six jours.