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Réal Bergeron fête ses 60 ans de travail dans la construction

Chez Danis Construction inc.


Publié le 19 mai 2017

Un individu qui demeure fidèle à un employeur toute sa vie, et vice versa, relève désormais de l'exploit. Il s’agit d’un fait d’armes encore plus impressionnant dans un domaine comme la construction. C'est le cas de Réal Bergeron, qui travaille chez Danis Construction inc. depuis 1957.

Il franchira en juin le cap des 60 ans aux services de son employeur du boulevard Marie-Victorin, dans le secteur Tracy. Il a fait ses débuts à l'âge de 17 ans, à l'époque où la compagnie s'est incorporée.

L'homme de 77 ans parle de ses machines de construction avec la candeur d'un enfant qui parle de ses camions Tonka. Son patron et président de la compagnie, Pierre Millette, l'a même gâté en 2004. Il a envoyé son doyen à Las Vegas dans un gros spectacle d'équipements lourds. Selon M. Bergeron, c'était « merveilleux; de la grosse machinerie ».

« J'ai toujours aimé les camions, les bulldozers, les paveuses, etc., égrène Réal Bergeron. La construction, c'est ma passion. »

Sa femme, qui a offert 27 ans de loyaux services à conduire des autobus scolaires, l'encourage encore à rentrer au boulot.

« Ma femme veut que je travaille, souligne M. Bergeron. Elle aime ça que je travaille et moi aussi j'aime encore ça. »

Lorsqu'il était plus jeune, l'homme de 77 ans pratiquait le bowling et la danse avec sa femme, ainsi que la pêche avec son frère, lors de ses temps libres. Maintenant, son passe-temps, c'est le boulot.

Sans mentionner qu'il pense à la retraite, le septuagénaire dit toutefois ne plus avoir de plan à long terme. « Je me suis fait opérer au cours des dernières semaines. Je prends la situation une année à la fois, continue-t-il. Je ne resterai peut-être pas jusqu'à 90 ans. De toute façon, je ne sais pas s'ils me garderaient jusqu'à cet âge », lance-t-il à la blague.

Réal Bergeron croit que c'est la passion qui le pousse à continuer; qu'il n'y a pas de secret. « Je n'ai jamais eu de problème à me lever le matin », confirme-t-il.

À un certain moment de sa longue carrière, Réal Bergeron comptait trois autres membres de sa famille au sein de la grande famille de Danis Construction inc. M. Bergeron travaillait aux côtés de ses deux frères. Son fils, Pierre Bergeron, pour sa part, compte maintenant plus de 25 années d'expérience.

Ce que ses collègues en pensent

Le président de la compagnie, Pierre Millette, n'a que de bons mots pour son employé de longue date.

« Il a Danis Construction tatoué sur le cœur, s'exclame M. Millette. C'est du bonbon comme employé. Je me considère chanceux de le connaître. Il est toujours disponible et ne dit jamais non. »

Le patron a considéré M. Bergeron comme une ressource inépuisable d'informations, en 2003, au moment où il a pris les rênes de l'entreprise.

« Il connaissait tout l'équipement et toutes les pièces que nous avions, dit-il, admettant que cela a facilité son adaptation. C'est sûr qu'avec l'âge, il passe moins de temps sur le chantier, mais il a toujours été très accommodant et versatile, il peut travailler partout », continue Pierre Millette.

Alain Théroux, pour sa part, connaît Réal Bergeron depuis 1973. « Il arrive tous les matins avec le sourire aux lèvres, affirme-t-il. C'est un homme que je respecte beaucoup. Il est chum avec tout le monde. Encore il y a quelques années, il rentrait de nuit pour m'aider quand quelque chose brisait. »

Lors de son arrivée à la cantine, le matin, M. Théroux aime bien taquiner son collègue.

« Quand il rentre, je l'agace en disant lui disant: bon, le vieux n'est pas encore mort!, confie-t-il. La dernière fois, il m'a passé une savate en dessous du nez. La jambe était bien tendue. […] Il est vraiment plus en forme que je peux l'être, le bonhomme », conclut Alain Théroux.