«La Ville n’a pas fait de cadeau à Pascalin Raynault» – Serge Péloquin


Publié le 19 mai 2017

Le Bâtiment H (ou ancien héliport), situé sur le quai Catherine-Legardeur, est en voie d’être remis à neuf pour faire place à un restaurant.

©TC Média - Pascal Cournoyer

Le maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin, a tenu à expliquer le point de vue de la Ville de Sorel-Tracy au sujet de la pétition qui circule au sujet de la rénovation du Bâtiment H, sur le quai Catherine-Legardeur.

Le maire Serge Péloquin
Photo: TC Média- Archives

Selon lui, il n’y a aucune concurrence déloyale envers les autres restaurateurs. Une cinquantaine d’entre eux ont pourtant signé une pétition pour dénoncer « une concurrence déloyale envers l’ensemble des commerçants de la Ville de Sorel-Tracy […] ». « Quand on a rencontré les instigateurs de la pétition, on leur a expliqué la situation, explique M. Péloquin. On leur a fait la démonstration que la compétition n’était pas déloyale et que la démarche était équitable. Dans leur esprit, les restaurateurs craignent que la Ville favorise l’entrepreneur Pascalin Raynault. Après notre rencontre, ils ont convenu que ce n’était pas le cas », ajoute le maire.

Serge Péloquin soutient aussi que la Ville a offert aux restaurateurs qui ont instigué la pétition d’opérer ce restaurant dans le Bâtiment H avant de l’offrir à Pascalin Raynault. « Ils ont tous refusé de prendre la concession », avance-t-il.

Le maire réitère également que la Ville n’était pas tenue d’effectuer d’appel d’offres public pour trouver un locataire au bâtiment.

« Dans la mesure où un projet nous est présenté, un promoteur de l’extérieur qui offre d’investir 500 000$ et qu’il voulait à la base le faire à Boucherville, le conseil y a vu un projet de développement économique. Comme ce n’est pas une dépense de la ville mais plutôt des revenus liés à un projet, nous n’étions pas tenus d’aller en appel d’offres. […] », justifie M. Péloquin.

Les coûts

Dans la pétition, les restaurateurs reprochent particulièrement la location du bâtiment, pratiquement neuf, appartenant à la Ville au prix de 8$ le pied carré alors qu’une installation semblable se louerait trois fois le prix dans la région. Le maire a tenu à rectifier ce point.

« Le locataire paiera son bail près de 52 000$ par année, soit 9,59$ du pied carré et il paiera 77 952$ pour la cinquième année, soit 14,39$ du pied carré. […] En moyenne, c’est un bail de 65 000$ par année environ. C’est certain qu’un propriétaire va payer plus cher du pied carré, mais en comparaison avec d’autres locataires, les coûts moyens sont semblables. Il ne faut pas mêler les deux scénarios », justifie-t-il.

M. Péloquin ajoute que M. Raynault paiera aussi son chauffage, sa climatisation, son électricité, sa consommation d’eau, ses matières résiduelles et son déneigement.

« La Ville n’a pas fait de cadeau à Pascalin Raynault. Les restaurateurs qualifiaient la compétition de déloyale si la Ville lui offrait des privilèges, ce qui n’est pas le cas », martèle-t-il.

Des explications

Serge Péloquin a tenu à appeler directement plusieurs des signataires pour leur donner l’heure juste et le point de vue de la Ville.

« Nos explications ont satisfait les instigateurs de la pétition, tout comme l’Association des restaurateurs du Québec. La plupart des restaurateurs que j’appelle me disent qu’ils regrettent d’avoir signé cette pétition, qu’ils l’ont fait sur le coup de l’émotion et qu’ils n’avaient pas tous les éléments en main pour se faire une idée », souligne le maire.

« Une ville, ce n’est pas là dans le but de nuire, poursuit-il. Au contraire! Tout le monde va trouver son compte. C’est un projet de développement économique qui va amener beaucoup de gens de l’extérieur. L’autoroute 30, ça marche dans les deux sens. »

M. Péloquin refuse ainsi que la Ville cesse les travaux de rénovation du bâtiment, tel que demandé dans la dernière ligne de la pétition.

L'hommes d'affaires Pascalin Raynault est derrière ce projet de restaurant au quai Catherine-Legardeur.
Photo: TC Média – archives/Julie Lambert

« Il y a une résolution au conseil, un contrat, un bail… On ne peut pas tout arrêter. Sorel-Tracy est sur une lancée, il faut que les gens embarquent dans le train. Il ne faut pas avoir une vision de décroissance et de régression », conclut-il.