Les producteurs reprennent leurs activités agricoles avec confiance

Malgré un printemps pluvieux


Publié le 18 mai 2017

Le commissaire agricole Alain Beaudin est confiant que les producteurs connaîtront une bonne saison malgré la crue importante des eaux ce printemps.

©Photo: TC Média -Pascal Cournoyer

La crue importante des eaux a embêté plus d’un propriétaire et municipalité. Mais les producteurs agricoles de la région tireront leur épingle du jeu, estiment deux d’entre eux.

Pour un, le commissaire agricole Alain Beaudin, producteur de fines herbes, a vu ses premiers semis ne pas lever. Il lui a fallu adapter autrement sa mise en marché, décrit-il.

Heureusement, dit-il, il n’est pas soumis à la gestion de l’offre. Il peut écouler ses produits différemment, selon l’état des sols et la vitesse à laquelle les plants poussent.

Comme il peut, tout en semant moins, rapprocher ses périodes de semences les unes des autres.

« Je peux ainsi me rattraper vite, selon les changements climatiques qui se manifestant, qu’on ait un automne tardif ou pas. »

Il adapte aussi sa production au moment présent, faisant pour le moment par exemple des fines herbes liées à la préparation des salsas.

« Dans le fond, on retarde la saison et du fait même nos revenus plutôt que les perdre. C’est bien différent des gens des grandes cultures qui doivent s’ajuster dès qu’ils savent que le printemps est tardif ou sentent que l’automne sera hâtif. »

À plusieurs jeunes producteurs qui demandent comment s’ajuster à ces changements, il répète qu’il faille d’abord penser la mise en marché qui est essentielle à la réussite.

« Car il faut savoir que, selon les clients, on peut adapter les prix à la production. Peut-être livreront-ils certains produits plus tard, mais en plus grande quantité. Les gens qui sont soumis à la gestion de l’offre sont plus mal pris. Leurs prix sont mondiaux, peu importe les circonstances de la production. Ils sont moins autonomes et peuvent plus difficilement se tourner de bord. »

Il est important pour lui de se sentir autonome. C’est plus satisfaisant, note-t-il.

« Le climat change. L’agriculture aussi. Il faut savoir faire les choses autrement », conclut-il.

Un retard rattrapable

Un producteur de grandes cultures, Ghislain Beauchemin, de Saint-Ours, dit redoubler d’ardeur maintenant que la température est meilleure.

« On est peut-être une semaine en retard par rapport à la moyenne des cinq dernières années. C’est peu d’autant qu’elles avaient été exceptionnelles. L’an passé, on avait semé au 20 avril », se rappelle-t-il.

Plusieurs d’entre eux, non inondés, ont profité des dernières semaines pour corriger des choses, car la terre était trop froide pour semer, poursuit-il.

« Avec le réchauffement de la semaine, on travaille maintenant la terre en prenant les bouchées doubles pour rattraper le temps perdu. Avec les nouvelles technologies, on peut reprendre et bien se tirer d’affaires », dit-il.

Avec les changements climatiques, les producteurs doivent tirer une leçon, selon M. Beauchemin : s’assurer que les terres sont bien égoutées et drainées.

« À moins d’un gros coup d’eau, la saison devrait bien se dérouler », dit-il, confiant.

Du côté de Yamaska

À Yamaska, le maire Louis R. Joyal, aussi producteur agricole, remarquait le 15 mai qu’il devrait probablement semer des grains de maïs aux unités thermiques différentes. Parce qu’il est maintenant un peu tard pour semer celui qu’il comptait utiliser.

Les rendements baissent alors, constate-t-il. « Nos plages de travail changent. Mais c’est le lot de l’agriculture, de travailler avec la météo incertaine et de s’adapter en conséquence. Il n’y a pas une année pareille », conclut-il, philosophe.