L’usine Recyclo-Environnement naît après une longue gestation

Un investissement de 10 M$ dans le parc industriel Joseph-Simard

Louise Grégoire-Racicot louise.gregoire-racicot@tc.tc
Publié le 12 septembre 2016

Des équipements de Recyclo-Environnement sont déjà installés et en rodage, rue Joseph-Simard.

©Photo: gracieuseté

L’usine Recyclo-Environnement a installé ses pénates et commencé le mois dernier le démantèlement de déchets d’équipements électroniques et électriques (DEEE) sur la rue Joseph-Simard, à Sorel-Tracy, dans le parc industriel du même nom.

Il aura fallu huit ans à Jacinthe Sirois et Jacques Larochelle du Recyclo-Centre pour mener à bien ce projet qui en est un d’économie sociale. Ce n’est qu’en janvier 2016, lors de la signature d’une entente à l’amiable mettant fin à une poursuite judiciaire de SDD-Conporec contre la MRC de Pierre-De Saurel et de la ville de Sorel-Tracy, qu’elle a pu voir le jour.

Car l’entente impliquait que Recyclo-Centre se porte acquéreur de l’ancienne bâtisse de SDD-Conporec pour y implanter son usine de traitements de DEEE (Recyclo-Environnement), alors que la MRC de Pierre-De Saurel implantait tout à côté un écocentre régional dont le Recyclo-Centre a aussi la responsabilité.

Ainsi les 4 M$ que la MRC avait mis de côté pour implanter son écocentre a servi de levier à l’usine qui cherchait où s’implanter.

Les choses se présentent fort bien. Marie-Andrée Sirois-Larochelle

Un investissement total de 10 M$

Directrice générale des trois entités (Recyclo-Centre, Recyclo-Environnement et l’écocentre), Marie-Andrée Sirois-Larochelle se dit particulièrement fière que cet important projet d’économie sociale ait reçu l’appui de la MRC et de Desjardins. Le capital investi est de l’ordre de 10 M$ dont 1,4 M$ pour l’implantation de l’écocentre, a-t-elle précisé.

Une centaine de personnes travaillent aux trois sites, dont une cinquantaine à plein temps. Quarante-cinq y sont en insertion sociale et une dizaine sont bénévoles. L’entreprise reçoit également des gens qui doivent faire des travaux communautaires compensatoires.

Jacinthe Sirois et Jacques Larochelle, instigateurs du projet.
Photo: TC Média – archives

En rodage

Pour s’installer, on a dû démanteler les équipements qui se trouvaient dans cette usine, décrit Jacques Larochelle, rattaché à son service de développement.

« Nous avons gardé certains convoyeurs, ce qui nous a permis de mettre en place un système de broyage qui a coûté 2 M$ plutôt que les 5 M$ estimés au départ. »

Les 35 tonnes d’acier qui constituaient le tuyau chauffant les déchets de l’ancien composteur ont été vendues à ArcelorMittal. Les broyeurs d’équipement ont été installés début août, quelques semaines plus tard que prévu. L’usine est également une vitrine pour la technologie québécoise qu’elle utilise.

Reste maintenant à trouver les fournisseurs qui nourriront le broyeur qui peut avaler 15 tonnes de matériel (plastique, métal, etc.) à l’heure.

Mme Sirois-Larochelle ne s’inquiète guère de la facilité d’écouler le matériel traité, mais est plutôt à recruter des fournisseurs qui achemineront du matériel destiné à « nourrir le broyeur » de l’usine.

Deux personnes seront embauchées à cet effet, a souligné M. Larochelle.

« Nos clients partagent nos valeurs et objectifs sociaux et aiment aussi faire affaire avec une entreprise comme la nôtre qui a un statut de charité tant au provincial qu’au fédéral. »

L’usine opère pour le moment cinq jours par semaine. « On fait rouler le matériel reçu, le trie, l’inspecte, le répare et remet en circulation quand c’est possible ou le démantèle. On manipule des électroménagers, des appareils électroniques que nous vidons d’abord de leurs liquides et matières polluantes. »