Recyclo-Environnement encore en manque de matériel à broyer

Une situation qui place le Recyclo-Centre en situation précaire

Louise Grégoire-Racicot louise.gregoire-racicot@tc.tc
Publié le 17 novembre 2016

Cinquante-six personnes s’affairent à l’usine de déchiquetage.

©Photo: Gracieuseté

Le Recyclo-Centre et son usine Recyclo-Environnement sont en situation précaire, affirme sa directrice générale, Marie-Andrée Sirois-Larochelle.

Les activités de déchiquetage des équipements électriques et électroniques (DEEE) ne rapportent pas encore ce qu’avaient prévu ses instigateurs, a-t-elle révélé, chiffres à l’appui.

L’usine a déjà grugé le fonds de roulement de l’entreprise – près de 200 000$ – en quelques mois, allègue-t-elle.

Le démarrage de l’entreprise a été difficile, Marie-Andrée Sirois-Lachapelle

Le démarrage de l’entreprise a été, dit-elle, retardé par de multiples délais – autorisations gouvernementales, broyeur livré avec sept semaines de retard, bri majeur en septembre. Ils ont retardé la signature de contrats à long terme avec de grandes entreprises. « On en a même perdu certains qui avaient besoin plus rapidement de ce service. »

Le président de l’organisme, Jean-Sébastien Abran, le confirme. « Le Recyclo-Centre génère des profits. Avec cette usine, il entre dans un marché où il lui faut faire sa place. On cherche actuellement la flexibilité dans le financement, car nous n’avons pas une grosse marge de manœuvre. Le démarrage a été difficile comme souvent dans le cas de nouveaux équipements. » 

Ce n’est pas tant de l’argent que l’entreprise cherche, précise Mme Sirois-Lachapelle. « Mais de la matière à broyer qui apportera des revenus suffisants pour assurer la suite. Ce sont les citoyens et les entreprises qui peuvent le faire », précise-t-elle.

À cet effet, elle a déjà recruté des personnes qui les rejoindront tant sur les réseaux sociaux qu’en entreprises.

« Les entreprises doivent retenir que nous sommes la seule à leur offrir un service clé en main. Nous allons chercher gratuitement les matières dont elles veulent se débarrasser, sauf les déchets dangereux pour lesquels ils doivent payer. »

DEEE fournit aussi un certificat de réemploi de ces matières. Il a aussi un protocole de ramassage – matières mises sous scellé dans le camion et filmées lors du processus de destruction, décrit Mme Sirois-Lachapelle.

« On amasse les ordinateurs et autres équipements électroniques, électro-ménagers, néons, appareils frigorifiques, cartons, plastiques », énumère-t-elle.

Marie-Andrée Sirois-Larochelle est la directrice générale de Recyclo-Centre.
Photo: TC Média - Pascal Cournoyer

De nouveaux clients

DEEE a déjà recruté de nouveaux clients dont Desjardins immobilier de Montréal, l’Hôtel-Dieu de Sorel (CISSS), une avionnerie de Saint-Jean. « Mais on a besoin de beaucoup plus encore. Chacun doit penser à partager avec nous les contacts qu’il peut avoir dans des entreprises susceptibles de faire des affaires avec nous et ainsi nous permettre de poursuivre notre vocation d’insertion sociale. »

Une fois le fonds de roulement solidement reconstitué, elle pourra doter l’entreprise de nouveaux équipements de triage et de déchiquetage (pneus, etc.). Et d’ainsi ajouter au broyeur actuel qui peut avaler 15 tonnes de matériel (plastique, métal, etc.) à l’heure.

Deux bailleurs de fonds

DEEE avait un plan d’affaires convaincant, dit-elle, puisque l’entreprise a réuni 8,65 M$ pour démarrer. Desjardins lui a prêté 7,5 M$ cautionnés à la hauteur de 4 M$ par la MRC de Pierre-De Saurel. Quant à la Fiducie du Chantier de l’économie sociale, elle lui a avancé 1,15 M$.

Les personnes qui croient au bien-fondé de sa démarche peuvent aussi acheter, propose l’entreprise, des billets à terme, par tranche de 500$ pour cinq ans portant intérêt de 3 à 5%.

La MRC fait toujours confiance à Recyclo-Centre

La situation financière précaire qu’est celle du Recyclo-Centre n’inquiète pas outre mesure le préfet de la MRC de Pierre-De Saurel, Gilles Salvas, pour qui l’entreprise d’économie sociale gère l’écocentre régional.

« La situation ne cause actuellement pas de problème à l’écocentre dont on complète actuellement l’implantation. Il importe qu’il soit fonctionnel au printemps. »

M. Salvas a toujours confiance que l’entreprise se sortira de cette impasse de démarrage qu’elle n’a pas eu facile, dit-il.

« Je sais qu’il y a eu des retards de toute sorte dans ce dossier, que l’entreprise a dû gruger son fonds de roulement. Mais nous avons eu l’assurance de son prêteur, Desjardins, qu’il n’y a pas de raisons actuellement de s’inquiéter, même si Mme Sirois-Larochelle lance un cri d’alarme. »

Il dit que la MRC est consciente qu’il faut toujours du temps à une entreprise en démarrage pour signer ses premiers contrats. « Elle doit s’assurer de former une équipe compétente qui saura répondre aux besoins de ses clients. Elle a déjà commencé sa sollicitation. »

La MRC respectera son contrat de gestion de trois ans avec l’entreprise, souligne le préfet et maire de Saint-Robert. « Nous sommes observateurs à son conseil d’administration et nous suivons comment les choses se déroulent. »

Même réaction de la part du maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin, président du comité de suivi de l’écocentre.

Il constate bien le lent démarrage de l’entreprise. « Il leur est difficile de trouver les intrants, d’autant que des retards ont occasionné la perte de certains mandats auprès de grandes entreprises. »

Mais le potentiel de la machine est là, dit-il. La clientèle existante l’a démontré dans le plan d’affaires. Les employés savent bien l’opérer, énumère-t-il. « Reste à faire savoir au Québec que l’on est un joueur de ligues majeures qui peut accueillir beaucoup de tonnage. On doit travailler à la mise en marche et, si on peut l’aider à mieux se faire connaitre, on le fera certainement. »

Le Recyclo-Centre, c’est :

-      56 employés à temps plein;

-      45 jeunes en insertion sociale à temps plein;

-      20 bénévoles;

-      5 personnes du programme SEMO;

-      2 personnes en programme d’emploi;

-      15 000 à 18 000h/an de travaux communautaires.