L’Association de chasse et pêche de Contrecœur pourrait être en péril

Rumeurs d’interdiction des poissons appâts pour la pêche sportive


Publié le 8 février 2017

L’Association de chasse et pêche de Contrecœur craint l’interdiction de menés comme appâts pour la pêche hivernale.

© gracieuseté – Association de chasse et pêche de Contrecœur

L’Association de chasse et pêche de Contrecœur craint le pire. Si le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec (MFFP) interdit, dès avril, l’utilisation des poissons appâts comme leurre pour la pêche sportive, cela pourrait mettre en péril sa survie.

Même si l’idée est sur la table depuis plusieurs années, le sujet est revenu dans l’actualité lorsque le MFFP a invité les pêcheurs sportifs du Québec à répondre à un sondage en ligne en décembre 2016.

« Ça nous a titillés. On s’est tout de suite mobilisés. On trouvait que ça ne sentait pas bon. Ça pourrait toucher gravement tous les centres de pêche. Si on ne peut plus utiliser les menés, on pourrait perdre entre 50% et 75% de notre clientèle », s’inquiète le trésorier de l’Association, David Joly.

L'Aire faunique communautaire (AFC) du lac Saint-Pierre s’est aussi méfiée de ce sondage.

« Le gouvernement était très alarmiste avec la première version de son sondage. Il a été modifié, mais on a su que l'objectif final était quand même d'arriver à interdire les poissons appâts. Le ministère s'est aussi engagé à consulter les gestionnaires des territoires et les détenteurs de permis de poissons appâts et rien de ça n'a été fait », déplore le directeur de l’AFC, Stéphane Marin.

Une interdiction injustifiée?

Les poissons appâts sont principalement utilisés pour la pêche à la brimbale. « Si l’appât est artificiel, il n’y a rien qui bouge. Ce n’est donc pas intéressant pour le poisson. La pêche sur la glace est intéressante parce que tout le monde se promène, s’amuse. C’est très festif. Sans les menés, on n’a plus cette ambiance », explique-t-il.

Avec cette nouvelle règlementation, le gouvernement aurait comme objectif de prémunir le Québec contre une possible dispersion de maladies et d’espèces aquatiques envahissantes (EAE) dans les plans et cours d’eau du Québec.

« On n’a déjà pas le droit d’utiliser les espèces envahissantes comme menés », rappelle M. Joly.

De son côté, M. Marin estime que cette décision est injustifiée. « Il n'y a rien d'alarmant et rien ne justifie cette interdiction. Le gouvernement pourrait maintenir le statu quo jusqu'à ce qu'il y ait vraiment une problématique particulière. Cette technique de pêche est très efficace et rien ne surpasse ça. »

L'Association de chasse et pêche de Contrecœur, en collaboration avec des distributeurs de menés, a mis sur pied une pétition demandant le statu quo. À ce jour, 1500 personnes l’ont signée. Les personnes intéressées à appuyer les démarches de ces organismes peuvent la signer en se rendant sur: http://www.menes.quebec/

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec a préféré ne pas émettre de commentaires.

Avec la collaboration de Pier-Olivier Gagnon.