Une dame lègue son terrain de l’Île de Grâce pour le protéger

Conservation de la Nature Canada s'en occupera


Publié le 13 février 2017

La Pointe Ouest de l'Île de Grâce, de 250 m de long et 30 m de large, est maintenant protégée.

©Gracieuseté

La succession de Jeanne-d ’Arc Thibault, de Sainte-Anne-de-Sorel, a légué à Conservation de la nature Canada (CNC) le lopin de terre qu’elle possédait, à la pointe ouest de l’Île de Grâce. Il aura ainsi un statut de propriété protégée.

Le biologiste Julien Poisson a confirmé l’importance de ce legs, même si la propriété riveraine cédée est fragile et de taille modeste, soit de 250 m de long et de 30 m de large. 

Le terrain constitue une zone tampon importante entre le milieu aquatique et la prairie herbacée, permettant ainsi de contrer l’érosion naturelle et artificielle des rives, explique-t-il.

De plus, sa rive sablonneuse est propice, avec son talus de 2 à 3 mètres, à la ponte des tortues géographiques, une espèce vulnérable selon la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables au Québec. Le site présente aussi un potentiel intéressant pour recevoir des hirondelles de plage. Et ses herbiers  pourraient représenter un milieu propice à la fréquentation d’une autre espèce en voie de disparition, le chevalier cuivré.

Le don a été annoncé en même temps que deux autres aussi situés les rives et les îles du fleuve Saint-Laurent. Ainsi CNC consolide-t-il sa présence dans l’archipel des îles de Sorel, notamment à l’Île du Moine dont il possède la presque la totalité, à l’Île la Pierre dont il détient 50% de la superficie et d’une grande partie de l’Île de Grâce.

« On y a plus de 1000 hectares de milieux naturels que l’on conserve pour les générations actuelles et futures », spécifie M. Poisson.

Des gestes à venir

Un biologiste de CNC fera, au printemps, un relevé des espèces animales et fauniques qu’on y trouve. Il repérera aussi les espèces envahissantes d’herbes et cernera les méthodes à utiliser pour en contrôler la présence.

CNC définira ainsi une stratégie qui permettrait d’attirer plus d’hirondelles. Par exemple, explique M. Poisson, en faisant des trous dans le sol où elles pourraient s’abriter.

CNC évaluera aussi quels travaux pourraient diminuer l’impact de l’érosion sur les rives à protéger. 

« Il faudra les protéger des forts débits d’eau, conserver autant que possible le talus et peut-être faire des plantations de saule pour y arriver. Chose certaine, il faut protéger la perte possible de terre, car cette île fait face de plein front au fleuve », décrit M. Poisson. Cette protection des berges se concrétisera quand CNC trouvera le financement pour exécuter les travaux adéquats, précise-t-il. Les travaux seraient exécutés au fil des ans, en dehors des périodes de reproduction de la tortue et de l’hirondelle. 

En conserver l’accès

CNC cherche à garder le fonds de terre. L’organisme ne permet donc pas le développement et la villégiature, pas plus que l’installation de rampes de mise à l’eau.

« Mais on est très respectueux des activités que les gens y pratiquent en terme de villégiature, de marche, d’observation de la nature, de chasse et de pêche. Nous cherchons plutôt à sensibiliser à la richesse de cet environnement », explique M. Poisson.

Ce milieu est un acquis fragile, poursuit-il, mais les gens ne s‘’en rendent pas nécessairement compte. « Notre rôle est donc aussi de poser des gestes concrets pour en assurer la pérennité, pour conserver ce joyau », conclut-il.

À la municipalité de Sainte-Anne-de-Sorel, le maire Michel Péloquin se réjouit de la nouvelle, ajoutant qu’il travaille en étroite collaboration avec M. Poisson et CNC.