Les bacs bleus recèlent beaucoup de matières non recyclables

Enquête du journal Les 2 Rives


Publié le 14 février 2017

François Ménard choisit au hasard les bacs dont il examinera le contenu.

©Photo: TC Média - Pascal Cournoyer

Plinthes électriques, matériaux de construction, vieux vêtements, filage électrique, mélangeur à main; voilà quelques-uns des objets qu’a repérés, dans des bacs bleus mis au chemin, le contrôleur du contrat de collecte des matières résiduelles, François Ménard, lorsqu’accompagné par le journal Les 2 Rives.

Tous des objets qui, dit-il, ne doivent pas se retrouver dans ce bac destiné à la valorisation de déchets domestiques.

Les citoyens ne sont pas de mauvaise volonté François Ménard

Trois ou quatre fois par semaine, M. Ménard, employé par la MRC de Pierre-De Saurel, sillonne des secteurs de la région. Il examine au hasard le contenu des bacs bleus et noirs utilisés pour la collecte des matières résiduelles.

Sa préoccupation? Que les citoyens disposent à la bonne place et de la bonne manière des matières dont ils veulent se débarrasser.

M. Ménard transfère parfois ces matières dans l’autre bac. Ou il les met à terre, laissant au propriétaire du bac un billet de courtoisie lui expliquant pourquoi son bac n’a pas été vidé ou certaines matières pas amassées.

La MRC, dit son coordonnateur à la gestion des matières résiduelles, Mohamed Aliouane, compile le registre des billets émis, ce qui permet de cibler les secteurs où sensibiliser leurs résidents. Il estime qu’à l’instar du Québec, 8% des matières venues de la MRC seraient contaminées par des huiles ou des matières mises dans le mauvais bac.

Contrairement à ce que l’on pense, mandoline, essence et filage électrique ne se recyclent pas.
Photo: TC Média - Pascal Cournoyer

Pas recyclables

Les citoyens ne sont pas de mauvaise volonté, estime M. Ménard. « Souvent, ils mettent dans le bac bleu ce qu’ils croient recyclable, mais ne l’est peut-être pas », avance-t-il.

Comme des tapis, des chaises pliantes, de petits accessoires électriques ou des résidus de construction. Des parasols, des vêtements et chaussures ou tout autre produit constitué d’amalgame de matière (plastique et métal), comme une mandoline.

« Ces derniers iraient plutôt, malgré leur petite taille, dans les encombrants ou pourraient être acheminés à l’écocentre dont la MRC termine l’aménagement », note-t-il.

Une règle simple

Le bac bleu, rappelle-t-il, est destiné à recevoir des contenants (verre, plastique, carton), des imprimés (revues, journaux, livres, etc.) et des emballages.

Des collectes spéciales sont réservées aux branches et résidus verts et aux encombrants.

« Il est toujours possible aux gens d’attendre ces collectes ou d’apporter leurs choses à l’écocentre », suggère M. Ménard.

Le tri à la source demande de toujours sensibiliser les citoyens, conclut-il.

Ce que confirme M. Aliouane. « Il est essentiel que les citoyens sachent non seulement comment trier les déchets à la source et en disposer, mais pourquoi il est préférable de le faire. Ce sont là des enjeux de développement durable, d’environnement et d’économie. »

Moyenne des tonnes de déchets cueillies dans la MRC entre 2010 et 2016

-     18 400 tonnes enfouies

-     5 000 tonnes recyclées

-     1 000 tonnes de résidus verts