Les enfants pourraient jouer dans la rue dès 2017

Changement au règlement

Louise Grégoire-Racicot louise.gregoire-racicot@tc.tc
Publié le 18 juillet 2016

Les jeunes de toutes les générations ont joué dans la rue, pratiquant librement leur sport préféré.

©Photo: TC Média - Pascal Cournoyer

Il est présentement interdit aux enfants de jouer sur la chaussée, leurs cris et jeux troublant la paix et le bien-être du voisinage, selon un règlement en place. La situation pourrait changer bientôt, alors qu’on leur permettra de jouer dans certaines rues dès 2017.

Ainsi la démarche entreprise par un couple de parents de Sainte-Anne-de-Sorel, à l’effet que leurs enfants puissent tout bonnement jouer dans la rue sans être interpellés par la police à la suite de plaintes d’un voisin, n’est pas restée lettre morte.

Ceux qui jouent dehors sont plus actifs et risquent moins de souffrir d’embonpoint. Véronique Massé

Piloté par le comité régional de la Famille et des Ainés de la MRC de Pierre-De Saurel, dont la coordonnatrice est Véronique Massé, en collaboration avec celui de la sécurité publique, le projet « Jouons dans la rue » a déjà reçu l’aval des maires de la région. La parution d’un article à la Une du Journal <I>Les 2 Rives<I> à ce sujet, le 24 mai dernier, avait mis en lumière la démarche du couple Giguère-Grenier.

« Il faut aussi obtenir l’appui des élus des diverses municipalités et définir les modalités qui permettront aux jeunes de jouer librement dans certaines rues résidentielles ciblées. Il nous faudra aussi prévoir des mesures d’apaisement de la circulation (affiches, vitesse limitée, etc.) pour la sécurité de tous les utilisateurs », décrit Mme Massé.

Inspiré par Belœil

Le comité a scruté l’expérience vécue cette année à Belœil en ce sens. La greffière de la MRC, Jacinthe Vallée, a également répertorié la loi et la réglementation en vigueur, à la recherche d’un processus d’implantation, décrit Mme Massé.

Le programme ne pourra pas être implanté partout. Seules les rues à caractère local (non numérotées) sont concernées, décrit-elle. Elles doivent aussi présenter un bon dégagement visuel, avoir une faible densité de circulation et être bien éclairées le soir.

Le groupe devra aussi édicter d’un code de conduite: les heures où les enfants pourront y jouer, la courtoisie à l’égard des automobilistes, la surveillance (si nécessaire) à exercer, etc.

Assuré du support de plusieurs organismes, le comité rédige actuellement l’argumentaire qui éclairera les décideurs. Les modalités d’application devraient être définies à l’automne.

Le comité s’inspire là des préoccupations de l’Association pour la santé publique du Québec et de la Coalition Poids qui préconisent le jeu libre dehors.

Mme Massé rappelle que le Québec compte un enfant sur quatre souffrant d’un surplus de poids. Seulement 13% des garçons et 6% des filles de 5 à 17 ans font 60 minutes d’activité physique sur une base quotidienne.

Jouer dehors favoriserait aussi la prise de décision, l’évaluation des risques, la résolution de problèmes, les interactions sociales, la créativité, poursuit-elle.

Un heureux impact

Appelée à commenter cette démarche de la MRC, Nancy Giguère qui, avec son conjoint Philippe Grenier, avait écrit à la municipalité de Sainte-Anne-de-Sorel pour réclamer le changement des règlements municipaux concernant l’interdiction de jouer dans la rue, se dit à la fois surprise et satisfaite que leur demande soit ainsi considérée.

Parents de trois garçons qui aiment bien pratiquer leur sport librement dans la rue, ils avaient reçu deux fois la visite de policiers appelés sur les lieux par un voisin mécontent.

Mme Giguère dit n’avoir jamais compris que l’on puisse empêcher les enfants de jouer dehors.

« Bien sûr, tout doit se faire dans le respect des voisins et de leur propriété et en toute sécurité. Je suis d’accord qu’on impose un code de vie avant de l’autoriser. Je suis très contente que cette démarche, qui originait d’un souci bien personnel, prenne aujourd’hui une dimension plus large. On en sortira tous gagnants! »